Le tofu de sésame, quintessence de la cuisine shōjin née au mont Kōya
Depuis la fondation du mont Kōya par Kōbō Daishi Kūkai, plus de 1 200 ans de prières s’y sont accumulées. C’est dans ce lieu sacré que le tofu de sésame s’est transmis comme un élément essentiel de la cuisine shōjin. Fondée en 1905, la maison Hamadaya se consacre depuis plus d’un siècle à sa fabrication au sein même de Kōyasan. À partir de graines de sésame blanc soigneusement mondées, longuement travaillées sans compromis, naît une texture unique, à la fois onctueuse et délicatement élastique. Une perfection discrète, façonnée par le quotidien d’une montagne de foi.
Une méthode et des ingrédients inchangés, porteurs de bienveillance
Chez Hamadaya, la récitation du Sūtra du Cœur (Hannya Shingyō) lors de la préparation demeure une tradition vivante. Il ne s’agit pas d’un simple rituel, mais d’un geste chargé du souhait de bien-être pour ceux qui dégustent ce mets. Les ingrédients se limitent à l’essentiel : sésame, kudzu et eau. Le kudzu provient de Yoshino, réputé pour avoir été apprécié par l’empereur Shōwa, et confère au produit son élasticité caractéristique. L’eau, quant à elle, est une eau pure jaillissant des roches du mont Kōya. Sans conservateurs, chaque pièce est réalisée à la main par des artisans attentifs aux saisons, donnant naissance à une finale nette et délicate.
Une élégance discrète pour savourer la culture shōjin
Le tofu de sésame de Hamadaya est à la fois un mets d’exception et une saveur du quotidien à Kōyasan. Offert aux pèlerins comme geste d’hospitalité, il s’inscrit profondément dans la vie locale. Dégusté avec de la sauce soja et du wasabi pour une note relevée, ou accompagné de sucre wasanbon pour une touche sucrée, il révèle toute la douceur et l’umami naturels de ses ingrédients. Porté par le silence et l’histoire spirituelle de ce site classé au patrimoine mondial, ce mets préservé depuis plus d’un siècle incarne un luxe sobre et authentique — une invitation à goûter à l’essence même de la culture shōjin.
